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LE DROIT D’ELIGIBILITE AU BURUNDI :ENTRE ENCADREMENT JURIDIQUE ET RESTRICTIONS DU PLURALISMEPOLITIQUE

SCI-2026-V01-N01-00580 Rev-UPAFA-07-024-26

Résumé / Abstract

Le droit à la participation aux affaires publiques du pays qui inclut le droit de vote et d’éligibilité est prévu par différents instruments tant nationaux qu’internationaux. Les Constitutions des pays démocratiques reconnaissent que toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. Le droit d’éligibilité est l’un des droits politiques fondamentaux de l’homme et le fondement d’un Etat démocratique. Cependant, ce droit n’est pas absolu car pouvant connaitre des limitations ou des restrictions. Certaines restrictions comme l’âge, la capacité, les sanctions judiciaires, la nationalité, l’incompatibilité avec d’autres fonctions, sont explicitement reconnues par les instruments et les standards internationaux, les bonnes pratiques et la jurisprudence des juridictions internationales et régionales comme étant légitimes. Malheureusement, les législateurs de certains pays ont abusé de ces limitations raisonnables en imposant des restrictions déraisonnables dans le but de conserver le pouvoir. Le Burundi fait partie de ces pays ayant institué des limitations déraisonnables au droit d’éligibilité comme la caution électorale excessive et les conditions discriminatoires à l’endroit de certains groupes de candidats. Le présent article a pour objet de décortiquer les limitations prévues par le cadre juridique des élections au Burundi et d’examiner si ces restrictions constitue un encadrement juridique de la compétition électorale ou une entorse au pluralisme politique. L’étude propose au législateur de s’inspirer des pratiques d’autres pays pour lever ces restrictions discriminatoires.

Fichiers & Données

LE DROIT D’ELIGIBILITE AU BURUNDI ENTRE ENCADREMENT JURIDIQUE ET RESTRICTIONS DU PLURALISME POLITIQUE Cas des écoles techniques du district de rwamagana PDF — 1 Mo
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Contenu de l'article

INTRODUCTION


I.1. Contexte


Le droit d’éligibilité connu aussi sous le nom de suffrage passif constitue l’un des piliers essentiels
de la démocratie représentative. Il permet aux citoyens de se porter candidats aux fonctions
publiques électives et de participer activement à la gestion des affaires publiques de leur pays.
Après l’indépendance, plusieurs pays africains ont adopté des constitutions qui reconnaissent les
droits de l’homme et les principes démocratiques y compris le droit de participer aux affaires
publiques qui intègre le droit de voter et d’être élu. Selon ces principes, tout citoyen a le droit de
voter et d’être élu, au cours d’élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et
au scrutin secret, assurant l’expression libre de la volonté des électeurs. Comme nous le verrons
dans le développement de notre article, des restrictions raisonnables telles que l’âge, la capacité,
la nationalité sont admises par des instruments internationaux de protection des droits de
l’homme, des principes ainsi que des standards internationaux comme étant légitimes.
Cependant, toute restriction doit être justifiée. Une restriction n’est raisonnable que si elle est
prévue par la loi ; elle est légitime et respecte le principe de la proportionnalité au but légitime
poursuivi.
Le constat est que, dans le but de conserver le pouvoir, les législateurs de certains pays ont abusé
de ces limitations raisonnables et ont mis en place des restrictions déraisonnables au droit
d’éligibilité comme l’instauration d’une caution électorale très élevée, des conditions strictes
d’éligibilité excluant certains groupes de candidats en l’occurrence les indépendants et les
candidats de l’opposition. En plus de ces restrictions légales, d’autres facteurs comme l’influence
institutionnelle et les pratiques politiques apportent de l’eau au moulin et restreignent
activement le droit à la participation aux affaires publiques, en générale et celui d’être élu, en
particulier.
Ainsi donc, le droit d’éligibilité est bafoué suite aux restrictions déraisonnables. Le présent article
a pour objet de décortiquer les limitations prévues par le cadre juridique des élections au Burundi
et analyser leur conformité ou non aux standards internationaux. Des recommandations sont
également adressées au législateur afin d’améliorer le cadre légal pour une compétition
électorale juste et inclusive.


I.2. Problématique


Cet article s’articule autour de la problématique suivante : dans quelle mesure l’encadrement du
droit d’éligibilité au Burundi constitue-t-il un instrument de régulation démocratique ou, au
contraire, un mécanisme de limitation du pluralisme politique ?


I.3. Hypothèse


Le cadre juridique du droit d’éligibilité au Burundi, bien qu’inscrit dans une logique de régulation
électorale, tend à produire des effets restrictifs sur le pluralisme politique.

Comment citer cet article

Mr GAHUNGU Rémegie (2026). LE DROIT D’ELIGIBILITE AU BURUNDI :ENTRE ENCADREMENT JURIDIQUE ET RESTRICTIONS DU PLURALISMEPOLITIQUE. *REVUE UPAFA*. https://revue.edu-upafa.com/articles/le-droit-deligibilite-au-burundi-entre-encadrement-juridique-et-restrictions-du-pluralismepolitique/
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